Dommages et causes5 min

Ferraille dégradée : ce que le mélange fait au garnissage

85 % des entreprises de l'aluminium signalent une pénurie de ferraille, et qui doit acheter prend ce qu'il trouve : plus de peinture, plus d'humidité, plus de fines. Pour le garnissage, cela veut dire quatre zones à diagnostiquer plus souvent.

Chambre de fusion fraîchement garnie d'un four à copeaux, avec rampe et zone de bain

La fédération Aluminium Deutschland a annoncé pour le premier trimestre 2026 ce que beaucoup de refondeurs vivent au quotidien : la production de recyclage a reculé de trois pour cent, les refondeurs ont perdu quatre pour cent, et 85 pour cent des entreprises font état d'une pénurie de ferraille. Dans le même temps, de nouvelles unités de recyclage voient le jour à Gelsenkirchen, Hamm et Neuss, parce que l'ajustement carbone aux frontières CBAM favorise depuis janvier l'aluminium secondaire face aux importations. Plus de fours veulent la même ferraille. Qui en a besoin prend ce que le marché offre — et ce n'est souvent pas la ferraille pour laquelle le garnissage a été conçu.

Ce que contient la ferraille dégradée

La ferraille triée, sèche et propre est devenue l'exception. Ce qui arrive à la place présente quatre caractéristiques, dont chacune travaille pour son compte dans le four : des revêtements et des parts de plastique, c'est-à-dire peinture, film, joints d'étanchéité et composites ; de l'humidité venue du stockage en plein air et des lubrifiants de coupe ; plus de fines, par les copeaux et les fractions de broyage ; et plus de métaux étrangers, surtout du fer et du magnésium. Aucune de ces caractéristiques n'est nouvelle. Ce qui est nouveau, c'est qu'elles arrivent ensemble et durablement.

Le corindon croît là où l'oxygène et le mouvement se rencontrent

Les matières organiques brûlent dans la chambre du four et augmentent l'oxydation du bain. Plus d'oxyde, c'est plus de crasses, et les crasses s'écrèment — à l'outil, le long de la paroi. À la ligne de bain et sur la rampe se forme du corindon qui croît dans les joints et les pores du garnissage, soulève les briques et emporte, à chaque écrémage, un morceau de garnissage. Qui écrème aujourd'hui plus de crasses qu'il y a un an subit aussi plus d'attaque à la ligne de bain qu'il y a un an, même si la température du four est restée la même.

Sel et chlore dans le joint

Une ferraille souillée demande plus de sels fondants, et des plastiques comme le PVC apportent du chlore. Les deux trouvent le joint : les sels fondus infiltrent les joints et les pores ouverts, les chlorures attaquent les phases liantes, et à chaque arrêt les résidus absorbent l'humidité de l'air. Le dommage ne se montre pas sur la face chaude, mais derrière : briques descellées, joints qui gonflent, couches qui s'écaillent au redémarrage. Avec le mélange de ferrailles change donc aussi ce qu'il faut chercher au diagnostic pendant l'arrêt.

Seuil fraîchement coulé d'une ouverture de chargement dans son coffrage, au-dessus l'ancien garnissage démoli
L'arête de chargement reçoit la ferraille en premier — avec un mélange humide et fin, plus souvent qu'autrefois

Charges humides : choc thermique pour le garnissage, risque pour l'équipe

La ferraille mouillée est d'abord une question de sécurité : l'humidité sous le bain se vaporise brutalement. Pour le garnissage s'ajoute le second effet. Chaque charge humide tire de la température à l'arête de chargement et à la sole, et vite. Les variations de température sont le cas de charge que le matériau réfractaire supporte le plus mal. Là où arrivait jusqu'ici une grande charge, les fines et les fractions de broyage en apportent plusieurs petites, chacune avec son propre cycle. Un préchauffage de la ferraille protège les deux, l'équipe et la maçonnerie.

Quatre zones qui entrent désormais plus souvent au diagnostic

  • Ligne de bain : dépôts de corindon, briques soulevées, épaisseur résiduelle après l'écrémage.
  • Rampe et arête de chargement : usure mécanique par l'outil et les fines, arêtes cassées, joints ouverts.
  • Sole sous la zone de chargement : fissures de choc thermique, infiltration sous la couche de travail.
  • Joints et isolation : traces de sels et de chlorures, humidité après l'arrêt, couches qui gonflent.

Ce qui peut se régler avant la prochaine révision

Deux questions de matériaux doivent être sur la table avant de commander le prochain garnissage. Premièrement : à la ligne de bain et sur la rampe, des masses peu mouillables par l'aluminium, qui ne laissent pas le corindon entrer dans le pore, en valent la peine. Deuxièmement : l'ancrage à la ligne de bain doit résister aux forces de levier de l'écrémage, pas seulement à la température. Les deux coûtent peu lors d'une réfection et prolongent la durée de vie là où la ferraille dégradée attaque le plus durement. Et le mélange de ferrailles doit figurer au dossier du four, avec sa date — sinon, dans deux ans, personne ne pourra dire pourquoi le four s'use autrement que son prédécesseur.

La ferraille a changé, le garnissage le plus souvent pas. Qui écrème plus de crasses, charge plus humide et a besoin de plus de sel devrait diagnostiquer la ligne de bain, la rampe et l'arête de chargement, la sole et les joints plus souvent qu'avant — et concevoir la prochaine réfection pour la ferraille qu'il reçoit réellement, pas pour celle qu'il aimerait recevoir.

En un coup d'œil
85 %
des entreprises de l'aluminium signalent une pénurie de ferraille (Aluminium Deutschland, premier trimestre 2026)
−4 %
de production chez les refondeurs au premier trimestre 2026 — alors que la capacité des fours augmente
4 zones
ligne de bain, rampe et arête de chargement, sole, joints : à diagnostiquer plus souvent quand le mélange de ferrailles change

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